Le Centre Bahreïnite pour les Droits de l’Homme (BCHR) est alarmé par les informations reçues concernant l’aggravation de l’état de santé de son président en détention, le défenseur des droits de l’homme de premier plan Nabeel Rajab.

Comme l’a signalé sa femme, Sumaya Rajab, le 4 août, les autorités bahreïniennes ont différé la date de son rendez-vous à l’hôpital jusqu’au début septembre. Rajab devait suivre une consultation avec des spécialistes de l’Hôpital des Forces de Défenses de Bahreïn afin de discuter d’une opération pour  éliminer les calculs biliaires et d’une autre pour traiter un ulcère sur son dos.

Avant son arrestation, le 13 juin 2016, la clinique SurgiCare a recommandé qu’il obtienne une opération contre l’ulcère à la suite d’un traitement pour éliminer une infection liée à celle-ci avec des antibiotiques. Selon les informations recueillies par le BCHR, cet ulcère s’est dès lors empiré en saignements à cause des conditions de détention précaires. Rajab a demandé à sa femme de lui fournir des bandages pour ces saignements.

De plus, les autorités bahreïniennes ont reporté une nouvelle consultation avec un spécialiste en maladie du sang qui était censé traiter les problèmes immunitaires de Rajab lesquelles sont causées par une baisse du nombre de globules blancs dans le sang, un état que Rajab n’a jamais connu avant sa détention.

Depuis son arrestation, Rajab a été placé en isolement au commissariat de police West Riffa dans des conditions extrêmement précaires. Les conditions de vie dans sa cellule sont hautement insalubres puisque les toilettes et la douche sont sales, au mépris de toute hygiène, et remplies de boues vectrices de maladies potentielles. Il y a très peu sinon pas du tout d’eau dans la salle de bain. Rajab a des contacts occasionnels avec d’autres détenus quelques heures au plus ou pendant la nuit. Ces mauvaises conditions de détention ont eu pour effet d’aggraver son état de santé puisqu’il a demandé des analgésiques pour traiter de sévères maux de tête et des douleurs lombaires, le tout étant fourni par sa famille.

Le 28 juin 2016, il a été transféré en urgence à l’hôpital en raison d’un rythme cardiaque irrégulier. Ce fut son unique accès à un traitement médical spécialisé depuis son arrestation.

Malgré le mauvais état de santé de Rajab, le juge de la Haute Cour pénale a refusé de le libérer le 2 août 2016. Le gouvernement a déjà imposé une interdiction de voyager à Rajab et sa détention actuelle – au péril de sa santé – peut être interprétée comme une punition pour son travail en faveur des droits de l’homme.

En plus d’être un fondateur et le président du BCHR, Rajab est aussi dirigeant fondateur du Centre pour les Droits de l’Homme des Pays du Golfe (GCHR), secrétaire général adjoint du FIDH et un membre du comité consultatif de la section Moyen-Orient/Afrique du Nord d’Human Rights Watch.

Rajab rsique une peine de 15 ans d’emprisonnement pour plusieurs accusations relatives à des tweets et retweets concernant des allégations de torture à la Prison de Jau et la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. Son procès est en cours malgré le manque de preuves présentées par le ministère public.

Le BCHR est vivement préoccupé du bien-être de Nabeel Rajab. Nous appelons par conséquent la communauté internationale à faire pression pour que ses droits fondamentaux soient respectés, pour sa libération immédiate et sans condition et pour mettre fin aux représailles du gouvernement de Bahreïn à l’encontre des défenseurs de droits de l’homme.